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Une tranche ...de bonheur !

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H E U R E U X ?

Le bonheur est sans doute l'élément le plus convoité sur terre, il justifie bien des dépenses et bien des violences. " A quoi bon vivre deux fois mille ans si on ne goûte pas au bonheur ? " écrivait déjà l'Ecclésiaste, il y a 2500 ans .Si le bonheur est tant recherché, il faut bien admettre qu'il nous échappe trop souvent. Et lorsqu'il est là, il nous est souvent difficile de dire comment il nous est venu et comment le conserver.

On raconte qu'un animateur de radio faisait signer un livre d'or à ses invités avec cette question : " Le bonheur, pour vous, qu'est-ce que c'est ? ". En réponse on y trouvait :

" La naissance d'un enfant "

..." Le bonheur, c'est quand j'ai eu tel prix ou tel poste. "

... ..." C'est d'avoir en quelque sorte réussi. "

..." Des vacances en Provence. "

" C'est de pouvoir me regarder dans la glace le matin sans rougir. "

................." Bof ! ". Un romancier y avait inscrit . " Un moment parfait, parfois ".

Et vous qu'auriez-vous écrit ? Où cherchez-vous le bonheur ? Comment vous y prenez-vous pour être, devenir ou rester heureux ? . Lorsque nous recherchons activement le bonheur, nous sommes très vite contraints d'admettre que nous ne maîtrisons pas notre propre bonheur.

On peut le recevoir lorsqu'il vient, mais on ne peut pas le provoquer. Il y a des mauvaises raisons qui nous empêchent de le saisir et de bonnes qui nous aident à en jouir lorsqu'il passe. Je vous propose quelques commentaires sur quatre " chemins vers le bonheur " qui nous sont souvent proposés.

Le bonheur provient-il de l'absence de malheur ?

L'absence de malheur est le chemin vers le bonheur le plus souvent mentionné. D'autres, sans doute plus pragmatiques le formulent ainsi : " Le bonheur repose sur un bilan positif entre mauvais moments (déception, chagrin, soucis) et bons moments ". Malheureusement, la vie ne nous apporte pas que des bons moments, du coup, il nous faut soit abandonner ce principe de base, soit renoncer au bonheur.

Je rencontre presque quotidiennement des personnes qui ont fait le choix de croire que le seul chemin possible pour trouver le bonheur, c'est l'absence de difficultés. Et il me faut faire ce triste constat : la plupart d'entre eux vivent avec une sourde révolte contre " le destin " ou " Dieu " ou toute forme d'autorité. Autrement dit, exiger l'absence de malheur est un chemin assuré vers la tristesse et la révolte, bref tout sauf la béatitude.
Et inversement, vous connaissez comme moi, sans doute, des personnes rayonnantes de joie et pourtant accablées de souffrances. Fuir le malheur n'est manifestement pas LE chemin du bonheur.


Le bonheur est-il lié à la satisfaction des désirs ?


La satisfaction des désirs est un chemin vers le bonheur souvent mentionné. " Si je n'ai pas ce que je souhaite, je serai malheureux ". C'est en partie vrai, à condition de choisir avec attention nos désirs… Riches et pauvres n'ont pas forcément les mêmes inquiétudes ou frustrations, mais rien ne permet de dire que les premiers sont plus heureux que les seconds.

J'ai été marqué, il y a quelques temps, lorsque la police allemande a démantelé un important réseau de trafic d'héroïne. Le " cerveau " était un grand patron retraité, qui touchait la modeste somme de 2'000'000€ par an comme dividendes de ses anciennes entreprises. Il a affirmé aux enquêteurs que sa seule motivation était de mettre un peu de piment dans sa vie ennuyeuse.

Un philosophe, dont j'ai égaré le nom, a noté que la société occidentale a vécu un profond changement durant le XX : elle est glissée de la recherche de la satisfaction des besoins à la recherche de la satisfaction des désirs. Pour lui, ce changement est la cause principale de l'augmentation dramatique des dépressions et des divorces. Nous n'avons pas besoin de chercher très loin dans notre entourage pour trouver des couples où un des conjoints " détruit " l'autre en exigeant d'elle ou de lui une garantie de bonheur.
En passant vous remarquerez qu'il y a une sorte d'incompatibilité logique à vouloir la satisfaction de ses désirs pour être heureux. Si nous étions pleinement satisfait, qu'aurions-nous encore à attendre ou à espérer ? Nous n'aurions sans doute d'autres choix que de sombrer dans la peur de perdre ce que l'on a et dans l'ennui de n'avoir plus rien à attendre de la vie. En quelque sorte, une forme d'insatisfaction est indispensable à notre bonheur.

Faut-il choisir entre utopie et réalisme ?

 

Si l'on espère une vie de roman à l'eau de rose, sans coups durs et sans manques, nous serons immanquablement conduits à la déception, ou à fuir dans le monde clos de nos pensées. Étudiant, je pensais que le bonheur était sans cesse à ma portée, il suffisait simplement… de changer le monde. Puis, petit à petit, il m'a fallu apprendre à être plus réaliste et plus humble.

L'utopie nous prive du bonheur en nous empêchant de rencontrer " vraiment " les autres, nous sommes toujours solitaires dans nos pensées. L'utopie nous prive aussi du bonheur parce qu'elle nous force à jouer au pendule entre notre monde mental et la réalité qui nous happe toujours à nouveau. Et plus nous nous familiarisons avec notre monde mental, plus la réalité nous paraît dure, et plus nous sommes tentés de lui échapper. Le bonheur implique de vivre dans la réalité, d'oser la confronter et d'apprendre à traverser les difficultés avec courage. " La vie est une course d'obstacle et la seule manière de la franchir, c'est de ne pas se révolter en vain ".

Le bonheur nécessite une vie dans la réalité, il est ainsi lié à une sorte d'" utopie réaliste ", qu'on pourrait appeler simplement l'espérance " Aucune vie sur terre ne serait possible sans espérance " . Espérer c'est attendre de bonnes choses pour le futur, de bonnes choses " normalement accessibles ". Vivre dans l'utopie, c'est en quelques sortes anesthésier nos envies en occupant notre pensée par un monde futur parfait. L'espérance, c'est laisser notre futur illuminer notre présent, ou au moins nous donner une perspective plus large de ce que nous vivons maintenant.
Par prendre un exemple personnel, apprendre à attendre concrètement une vie éternelle auprès de Dieu m'a conduit à jouir d'avantage des petits moments d'amitié présent. Je vis ainsi mes moments de bonheur fugaces, parfois bien frustrants et blessants comme les un avant-goût des relations d'amour parfaites et durables de l'au-delà, plutôt que simplement comme les pis-aller de relations espérés mais inaccessibles .
Recevoir le bonheur lorsqu'il vient à notre rencontre


" Au jour du bonheur, jouis du bonheur, et au jour du malheur, réfléchis "
Un chemin souvent proposé et lié à ce que nous venons de voir est l'encouragement à vivre dans le présent. Lorsque mes pensées s'accrochent en permanence à mes regrets, ma culpabilité ou mes craintes de l'avenir, je rate à coup sûr le chemin du bonheur. Lorsque mes pensées rêvent d'un idéal inaccessible, je risque de manquer le bonheur qui vient généralement sur la pointe des pieds. Un graffiti proposait " Si on parle du présent, c'est parce que la vie est un cadeau ".

Pour finir, j'aimerais noter trois " bonnes " habitudes qui me semble conduire sur le chemin du bonheur :
- L'esprit de service. En premier lieu parce qu'il est bon d'être utile aux autres et en second lieu, parce que lorsqu'on s'enferme sur soi-même, on s'éloigne du bonheur.
- Se décharger de nos inquiétudes, de notre culpabilité, de nos colères. Simplement parce qu'il est évident que toutes ces choses nous écartent du chemin du bonheur. On peut bien sûr faire " comme si ", mais la méthode la plus sure pour se remettre sur les rails du bonheur est de prendre au sérieux nos sentiments. Pour en faire quoi ? La meilleure méthode reste celle que nous propose notre bonne vieille Bible, les présenter à Jésus dans la prière, pour lui demander qu'il nous conduise à croire qu'il prend soin de nous , à recevoir son pardon et à pardonner à notre tour .
- Une certaine autodérision. On se prend souvent trop au sérieux. Et on prend souvent nos attentes trop au sérieux. Il fait bon souvent de rire de nous-mêmes, de rire de nos illusions ou de nos coups de gueules mal placés,. " Heureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes, ils n'ont pas fini de s'amuser ".
 

Olivier REBER

Vous pouvez télécharger le document Word de cet article ci-dessous : Bonheur ( 30 Ko)


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